Quand les progrès scientifiques conduisent à une communication sensible

By 30 décembre 2019News

ADN Image par Gerd Altmann de PixabayLes progrès de la science, c’est exaltant. Mais ils peuvent être sujets à controverses. C’est le cas de l’édition génomique et du CRISPR/Cas9 (« Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats »). Ces « ciseaux génétiques » ciblent une zone précise d’une séquence d’ADN. Ils la coupent ou insèrent une séquence souhaitée. 

Ce progrès scientifique offre des perspectives de traitements pour un grand nombre de pathologies. Quelle aubaine! Oui mais voilà, le CRISPR/Cas9 présente des risques: il est facile à mettre en oeuvre, il fait planer des menaces de bioterrorisme, ou encore des questions relatives à la possible modification génétique d’animaux…

Didier Heiderich, spécialiste de la communication sensible et fondateur du Magazine de la Communication de Crise et Sensible, attire l’attention sur le sujet dans Biotechnologie et communication sensible, Le cas de l’édition génomique CRISPR/Cas9, article publié dans le Magazine de la Communication de Crise et Sensible en octobre 2019. J’en partage avec vous les grandes lignes.

7 étapes clés

Dans son article, Didier Heiderich dénombre 7 étapes clés de la découverte d’une avancée technologique jusqu’à sa normalisation. Je vous en propose un bref (très bref) résumé:

  1. émergence

    -> résultats de la recherche confinés à la communauté scientifique: si un doute est émis, il alimentera des controverses futures;

  2. divergences

    -> diffusion dans les laboratoires et publications scientifiques liées aux essais: apparition de divergences scientifiques qui pourront servir par la suite d’arguments pour contester l’avancée;

  3. controverses

    -> émergence d’une opinion publique: les usages qu’on peut faire de l’avancée scientifique sont au coeur de controverses, les questions éthiques, politiques et financière se multiplient;

  4. polémiques

    -> entrée en scène des passions, débats, pétitions…: l’avancée devient un sujet de société;

  5. mobilisation politique

    -> interpellation des élus et du législateur, poursuite du débat : « On observe une surévaluation des risques pour les opposants et une surreprésentation des bénéfices pour les tenants. De plus en plus régulièrement, nous assistons à des attaques ad hominem des chercheurs. » (Ibid., p.4);

  6. normalisation

    -> le législateur légifère;

  7. nouvelles polémiques

    -> retard de la législation sur les avancées scientifiques et création de nouvelles polémique.

Didier Heiderich précise: « […] nous avons affaire à chaque étape à l’intrusion de nouveaux acteurs, de nouveaux publics, de questions inédites et d’événements qui changent considérablement la donne communicationnelle et décident de l’avenir d’une découverte. » (Ibid., pp. 2-3)

L’émotion face à la raison

Comment accepter (ou non) une avancée scientifique? En analysant de manière rationnelle les arguments des uns et des autres. Or la controverses entraîne le « tribunal de l’opinion » sur le terrain des passions et des émotions. L’enjeu sera pour certains de décrédibiliser la partie adverse et de semer un doute qui ne sera profitable à personne.

Didier Heiderich conclut: « Nous devons nous interroger sur un nouveau contrat communicationnel qui permettrait au grand public d’être alerté suffisamment tôt d’une avancée majeure qui pose des questions éthiques, de laisser le temps à la pédagogie d’accompagner le sujet, d’éviter que se construisent des murs de silence lorsque les industriels s’emparent d’une technologie, de peur d’éveiller les oppositions et de ne pas abandonner le débat à une guerre de position stérile, aux croyances et aux idéologues. » (Ibid. p.7)

Pour en savoir plus, je vous conseille de lire l’intégralité de l’article: Biotechnologie et communication sensible, Le cas de l’édition génomique CRISPR/Cas9

Communiquez bien!